Arcadi

Actualités

Nouveaux projets aidés pour les arts numériques

Arts numériques

Sur les 36 dossiers d’aide à la création multimédia expérimentale (Acme) étudiés en juin, six sont aidés par Arcadi. Il s’agit de Infinity II de Hee Won Lee, Corpus / Art of Failure de Ars Longa, S/N de Lab[au], Horloge 2067 de David Guez, Writing Spaces de Eli Commins et Stéfane Perraud et Torii de Marie-Julie Bourgeois.

Les comités artistiques étaient composés de Clémence Seurat (Qwartz), Laurent Catala (journaliste), Anne Roquigny (commissaire indépendante), Dominique Moulon (journaliste, critique), et Valère Terrier (artiste), étaient également présents trois membres d’Arcadi et deux observateurs (Drac et Région Île-de-France).

Infinity II de Hee Won Lee
Une installation vidéo faisant usage des techniques image et son les plus exigeantes pour recontextualiser et sublimer une chute d’eau. Hee Won Lee, jeune artiste coréenne issue du Fresnoy a déjà joué avec les codes de l’esthétique numérique, sur les contrastes des représentations urbaines et intimes, sur un détournement plastique et fonctionnel des boîtes à musiques, autant de réalisations témoignant d’une obsession de la forme et aux significations multiples. Infinity II sera une réinterprétation hyperéaliste dans la juste continuité de son travail.
heewonlee.comLe blog de Hee Won Lee

Corpus / Art of Failure de Ars Longa
Basé sur un principe de mise en vibration d’espaces architecturaux, grâce à un système d’enceintes et de vibreurs in situ. Le temps d’une installation ou d’une performance ouverte au public, les matériaux constituants du site choisi deviennent actifs et "vivants", générateurs de sonorités, et révèlent une identité propre. Les spectateurs découvrent ce lieu sous un aspect inédit, propice à l’observation, à l’écoute et à la déambulation.
Le soutien d’Arcadi permettra au collectif Art of Failure d’augmenter son "Corpus" par un parcours au Pavillon de l’Aluminium, monument oublié d’une gloire industrielle européenne de l’après-guerre, dans le parc d’expositions du Bourget.
corpus.artoffailure.org

S/N de Lab[au]
Une interrogation plastique, sonore et historique sur la pérennité d’un objet récemment devenu obsolète, bien que fortement ancré dans la mémoire collective : "le Split Flap"; ces affichages de gares tournants, empreints d’une musicalité et d’un "suspense" qu’ont perdu leurs homologues numériques. C’est ce rapport signal bruit (Signal to Noise) que le collectif Lab[au], par sa sensibilité et ses talents, saura remettre au goût du jour.
lab-au.com

Horloge 2067 de David Guez
L’horloge 2067 est une horloge particulière qui enregistre en permanence l’espace sonore environnant à son installation. En actionnant les aiguilles de l’horloge en un mouvement rotatif vers le passé, le spectateur déclenche la restitution d’une séquence sonore précise sur une durée déterminée. L’horloge joue alors son rôle d’objet mémoriel, le jeu des aiguilles qui reviennent dans le présent de façon autonome créant une tension entre le désir humain universel de remonter les traces du passé et l’objet technologique qui ne cesse de rétablir sa fonction primordiale : donner l’heure du présent. L’horloge 2067 est un objet autonome qui circule de lieux en lieux, captant la matière sonore dans l’esprit d’une sauvegarde pérenne et longue (sur plusieurs dizaines d’années), un sorte de témoin discret et efficace qui a sa propre identité (une véritable horloge dont le design sera l’objet d’une recherche) et qui peut se dupliquer en la création d’un réseau d’horloges de même nature, connectées entres elles par l’unique fonction du temps. L’horloge 2067 est un projet de David Guez qui prolonge la création d’une série d’objets, site web et installations sur le temps, la mémoire et les nouvelles technologies.
2067telecom.net

Writing Spaces de Eli Commins (auteur) et Stéfane Perraud (plasticien)
La base du projet est de donner à voir et à entendre des récits de migrants, collectés auprès d’eux, et dits par un comédien. Ces récits sont amenés à être transformés en temps réel par les spectateurs pendant la représentation. Il n’y aura pas de scène, mais un plateau commun aux acteurs et aux spectateurs, où les uns et les autres pourront déambuler librement, pour construire un espace dans lequel le mouvement est permanent. L’immigration est donc abordée à travers une multiplicité de récits, pour donner naissance à des figures d’une altérité qui questionne le spectateur en le plaçant au cœur de cette expérience. "C’est une façon pour nous de ne pas introduire de coupure entre le moment de la représentation, où nous sommes rassemblés dans la salle de théâtre, et les histoires passées des migrants. Nous ne voulons pas que leurs récits soient posés sur une scène devant nous, comme un objet qui nous serait extérieur et étranger, mais au contraire tisser un lien continu entre l’ici et maintenant, d’une part, et l’éloignement temporel et géographique des récits de migration, d’autre part. Ainsi, nous devrions nous-mêmes, spectateurs, devenir des voyageurs du texte."
www.elicommins.fr

Torii de Marie-Julie Bourgeois
Torii est un portail traditionnel japonais. Il est communément érigé à l’entrée d’un sanctuaire shintoïste, afin de séparer l’enceinte sacrée de l’environnement profane. Du fait de sa fonction de séparation symbolique du monde réel et du monde spirituel, chaque torii traversé lors de l’accès à un temple doit être retraversé dans l’autre sens afin de revenir dans le monde réel. Certains torii peuvent être juxtaposés jusqu’à former un véritable tunnel. Ici les objets franchissables sont des portiques de sécurité utilisés dans les aéroports pour détecter des métaux et armes dans le cadre des plans vigipirates et pour lutter contre le terrorisme. Ces “portes” symbolisent la traversée vers un pays étranger, le passage de X frontières. Chaque portique sonne à la détection d’une présence, certains sont plus ou moins sensibles, le passage du corps à travers le champ électromagnétique devient sonore et suspect autant que spirituel.
mariejuliebourgeois.fr

Photo : Horloge 2067 / David Guez

Voir les modalités d’aide pour les arts numériques