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De l’observation de la danse hip hop

Nous vous proposons un rapide mais complet état des lieux des différentes observations réalisées ou en cours de production, portant sur l’évolution de la danse hip hop en France.

La danse hip hop, qu’on appelait smurf à l’époque, est arrivée en France au début des années 1980. Elle fait partie du mouvement hip hop et, comme toutes les disciplines de ce mouvement, est alors associée à la jeunesse des quartiers populaires, tout en entrant dans un processus d’ « artification », comme le souligne Roberta Shapiro.

Les pouvoirs publics soutiennent en France la danse hip hop depuis le début des années 1990, que ce soit au niveau étatique ou au niveau des collectivités territoriales. Il s’agit des premiers signes de sa reconnaissance institutionnelle avant, par exemple, l’apparition des premiers grands festivals dédiés à la danse hip hop. Après la nomination de deux chorégraphes hip hop (Kader Attou et Mourad Merzouki) à la tête de deux Centres chorégraphiques nationaux, on pourrait voir dans l’ouverture de La Place, centre culturel dédié à l’ensemble des disciplines du hip hop, sous l’impulsion de la Mairie de Paris, en avril 2016, un autre signal fort de sa reconnaissance artistique et institutionnelle.

Nous voyons, avec la mise en œuvre de plusieurs chantiers d’observation en direction de cette discipline de la part d’institutions publiques, non plus uniquement un signe de reconnaissance mais également la prise en compte d’une histoire (esthétique, professionnelle, institutionnelle, relationnelle) méritant un retour analytique afin de mieux envisager l’avenir de la danse hip hop en France.

Si le premier écrit scientifique abordant la danse hip hop remonte à 1985, c’est au milieu des années 1990 que les analyses universitaires à l’égard de cette danse se développent, avec Hugues Bazin , pour la culture hip hop et, de manière spécifique à la danse hip hop, les travaux de Claudine Moïse, Virginie Milliot ou encore Roberta Shapiro. C’est donc une vingtaine d’années plus tard que nous voyons apparaître les premières observations impulsées par les pouvoirs publiques ou des structures publiques.

La première, aujourd’hui achevée, concerne le dispositif IADU (Initiatives d’artistes en danses urbaines). À la demande de la fondation de France et de la Villette, Aurélien Djakouane et Emmanuel Négrier ont réalisé une étude intitulée « La nouvelle scène hip hop - IADU : le défi de l’émergence ». Elle vise à faire le bilan du dispositif IADU et à cerner les évolutions du milieu professionnel de la danse hip hop. Ce travail a fait l’objet d’une restitution publique en février 2017 au WIP et l’ouvrage détaillant ses résultats est en cours de publication.

Dans une temporalité similaire, la Direction générale de la Création artistique (DGCA) a lancé deux études en parallèle dont les résultats sont attendus pour l’automne 2017. Une première, portée par l’Inspection de la création artistique, a pour objectif de dresser un état des lieux des diplômes existants en danse (classique, contemporain et jazz) afin d’avoir d’autres éléments en main pour la réflexion sur la danse hip hop, la proposition de mise en place d’un Diplôme national supérieur en danse hip hop ayant fait l’objet d’une levée de boucliers de la part d’un certain nombre d’acteurs professionnels.

Une seconde, portée par la Délégation à la danse, qui souhaite s’intéresser à plusieurs thématiques : les esthétiques de la danse hip hop, le répertoire, mais également la diffusion des spectacles de danse hip hop, les parcours des artistes, les liens existant entre le hip hop scénique et les battles, et encore les formations existantes en danse hip hop. Elle confiera cette étude à des professionnels de la culture, extérieurs à la DGCA, garantissant ainsi l’objectivité des résultats et analyses produites.

Enfin, l’Office national de diffusion artistique (Onda) a lancé une étude sur la diffusion de la danse, au niveau national, avec un comité de pilotage réunissant des représentants de la SACD, de l’ACCN, de l’A-CDC, du Syndeac, du CND, de la Délégation à la danse de la DGCA et de l’Inspection de la création chorégraphique. Cette étude, visant à embrasser l’ensemble des esthétiques chorégraphiques, abordera également la question de la danse hip hop. Elle sera mise en œuvre par Daniel Urrutiaguer et ses résultats sont attendus courant 2018.