Arcadi

Actualités

Observation culturelle : publication de l’Atlas régional de la culture 2017

Le ministère de la Culture et de la Communication a publié un premier Atlas régional de la culture afin de : « réunir dans un même ouvrage un vaste ensemble de données relatives à la culture disponibles au niveau national et permettant une exploitation territorialisée. Les données réunies, qui croisent de nombreuses sources statistiques, sont illustrées sous forme de cartes et graphiques... »

« À la suite de la réforme territoriale mise en œuvre au 1er janvier 2016, la question de l’équilibre entre les régions est plus que jamais présente et il était important de se doter des moyens de les comparer. Cet atlas y contribue.

Le chapitre inaugural présente les données nationales et met en lumière les points communs et les différences régionales. Les chapitres suivants sont consacrés aux treize nouvelles régions et aux départements d’Outre-mer.

Dépenses de l’État et des collectivités territoriales pour la culture, entreprises culturelles, emploi et professions, équipements... les données sont déclinées pour chaque région et apportent des points de repère et de comparaison indispensables à la construction de politiques publiques. »

Consulter l’Atlas

Remarques sur la méthodologie

Dans un souci de comparabilité dans l’espace et dans le temps, les chiffres présentés dans cet atlas ont privilégié des sources statistiques pérennisées, ce qui, à l’échelon territorial, peut réduire le périmètre d’observation. Par exemple, en ce qui concerne les lieux de représentations publiques de spectacles, l’atlas mentionne deux catégories d’équipements :

La catégorie « Théâtres et autres lieux de spectacle », qui regroupe, pour les théâtres : « les théâtres nationaux, les réseaux et labels du ministère de la Culture et de la Communication (centres dramatiques, scènes nationales, scènes conventionnées), les théâtres municipaux ainsi que les théâtres privés) ». Nous n’avons en revanche pas le détail concernant les « autres lieux de spectacle ». En Île-de-France, cette catégorie représente selon l’atlas 356 équipements.

La catégorie « Lieux de création et de diffusion musicales et chorégraphiques », qui apparaît dans la partie « équipements » du volet consacré à l’Île-de-France (ainsi que pour les autres régions, mais sans présentation dans la partie nationale de l’atlas), catégorie qui regroupe « les théâtres lyriques, zénith, scènes de musiques actuelles, centres nationaux de création musicale, centres chorégraphiques nationaux et centres de développement chorégraphiques ».

En Île-de-France, les deux catégories « Théâtres et autres lieux de spectacle » et « Lieux de création et de diffusion musicales et chorégraphiques » représentent 373 lieux dans l’atlas. La base de données « Lieux de diffusion » d’Arcadi Île-de-France recense quant à elle plus de 800 lieux de diffusion, en intégrant notamment l’ensemble des équipements municipaux proposant des spectacles, les lieux associatifs et intermédiaires et les salles de musiques actuelles (soit des lieux de concerts ne possédant pas nécessairement le label SMAC).

 

La culture en Île-de-France par rapport au territoire national

La structure de la dépense publique culturelle est spécifique en Île-de-France : si les communes sont au niveau national celles qui dépensent le plus pour la culture (44% des dépenses publiques), c’est l’État qui est le premier financeur de la culture en Île-de-France, avec 44% de la dépense publique sur la région. Par ailleurs, la majorité (67%) des dépenses de l’État en matière culturelle (hors sociétés de l’audiovisuel public) se dirige vers des structures franciliennes.

La part des dépenses culturelles des communes francilienne est néanmoins loin d’être négligeable et finalement assez proche de l’intervention étatique : 39% de la dépense publique régionale. Les communes sont suivies de bien plus loin par les groupements de communes (10% de la dépense publique culturelle francilienne), les départements (5% de la dépense publique culturelle francilienne) et la Région (2% de la dépense publique culturelle francilienne).

Au niveau national, l’État représente 26% de la dépense culturelle publique, les groupements de communes 10%, les départements 5% et les régions 6%.


Les dépenses culturelles publiques en Île-de-France

Hors État et communes de moins de 3500 habitants, l’atlas nous apprend qu’en 2014, les dépenses culturelles des collectivités territoriales par habitant se déclinaient ainsi :

Ainsi, pour une moyenne de dépense culturelle publique de 210,2 € par habitant, ces différentes collectivités territoriales contribuent comme suit (tant en dépenses de fonctionnement que d’investissement) :
• 132 € par habitant pour les communes
• 56 € pour les groupements de communes
• 14,4 € pour les départements
• 7,8 € pour la Région

L’État, quant à lui, présente un niveau de dépenses culturelles en Île-de-France, tant en fonctionnement qu’en investissement, équivalent à 139,2 € par habitant. Les dépenses culturelles de l’État sur le reste de la France métropolitaine sont nettement inférieures (entre 10 et 20 € par habitant, sauf en Corse où ce chiffre est encore plus faible).

 

Les lieux de spectacle en Île-de-France


La répartition géographique des 356 « Théâtres et autres lieux de spectacle » fait apparaître la place prépondérante de Paris (138 équipements), puis du Val-de-Marne (39), des Hauts-de-Seine (37) et des Yvelines (36) avant le dernier département de petite couronne qu’est la Seine-Saint-Denis (34). On retrouve ensuite trois départements de grande couronne : l’Essonne (28), le Val-d’Oise (25) puis la Seine-et-Marne avec 19 équipements recensés dans l’atlas. Cette répartition est proche de celle que nous avions observée dans le cadre de l’étude d’Arcadi sur les spectacles en Île-de-France, sur 518 lieux.


Professions culturelles et artistiques en Île-de-France

L’Île-de-France concentre 60% de l’emploi salarié des entreprises culturelles.

Toujours en 2012 et en Île-de-France, le salaire moyen net d’un « artiste des spectacles » était de 15 667€ nets / an, avec un salaire médian à 2 754 € nets / an.

La concentration de la population artistique en Île-de-France explique sans doute que les chiffres nationaux ne soient pas présentés dans l’atlas (ils auraient été faussés par la prépondérance de l’Île-de-France), nous pouvons néanmoins comparer ces chiffres à ceux qui sont présentés pour d’autres régions métropolitaines. On constate alors que le salaire moyen d’un artiste des spectacles franciliens est parmi les plus élevés de France, mais pas le plus élevé (16 500 € nets / an en moyenne en Bourgogne-Franche-Comté, 15 701 € nets / an en Corse, la moyenne dans les autres régions variant entre 9 891 € nets / an et 14 736 € nets / an).

En revanche le salaire médian d’un artiste des spectacles francilien est le plus bas de France (il varie, selon les autres régions entre 3 427 € nets / an - dans les Pays de la Loire, à 11 056 € nets / an en Bourgogne -Franche-Comté).

Ce dernier chiffre rend compte des disparités de rémunération au sein de la population des artistes de spectacle vivant et c’est en considérant les modalités et temporalités spécifiques du travail artistique que l’on peut mieux comprendre l’évolution de l’emploi dans le spectacle vivant, qui, d’après l’atlas, a augmenté de 57% entre 2007 et 2012 en Île-de-France.


Quelques chiffres issus de l’atlas

 

On constate de nombreux contrastes selon les territoires franciliens, qui ne renvoient pas toujours strictement à des différences entre Paris, la petite couronne et la grande couronne (chiffres de 2012) :

51% des habitants de Seine-et-Marne vivent dans une commune de moins de 10 000 habitants (en 2012). C’est le cas de 34% des habitants de l’Essonne, 31% des personnes vivant dans les Yvelines et 25% de ceux qui vivent dans le Val-d’Oise.

C’est en Seine-Saint-Denis que le taux de pauvreté, mesuré en 2013, est le plus fort, avec 27,8%, suivi de très loin par le Val-d’Oise (16,7%), Paris (16,2%), le Val-de-Marne (15,8%), l’Essonne (12,3%) et les Hauts-de-Seine (12,2%). C’est en Seine-et-Marne et dans les Yvelines que le taux de pauvreté est le plus faible d’Île-de-France (avec respectivement 11,4% et 9,3% de taux de pauvreté).