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Écris-moi un portrait

Par l’écriture, les lycéens peuvent s’exprimer, se construire, développer une pensée. Ces derniers mois, Ingrid Étienne, médiatrice culturelle à Arcadi, a accompagné la mise en œuvre de projets d’écriture dans les lycées Armand Guillaumin (Orly) et Émile Dubois (Paris).  Un projet pour deux angles d’approche : retour sur une expérience aux multiples facettes.

Lors de la conception des projets culturels avec les enseignants, l’oralité et l’écriture reviennent régulièrement. Les équipes pédagogiques ont la volonté de faire travailler les élèves sur leur réflexion propre et leur posture. Et dans ce champ, certaines thématiques s’entrecroisent. Les équipes pédagogiques lycées Armand Guillaumin (Orly) et Émile Dubois ont choisi le même objet : le portrait.

DU PORTRAIT D’HEROÏNES AU PORTRAIT DE MIGRANTS

Deux projets distincts, deux angles différents pour un objectif commun : construire leur rapport à l’autre en analysant et apprenant à décrire une personne qui leur tient à cœur.


Suite aux discussions en avril puis en septembre avec les équipes pédagogiques, j’ai accompagné à la mise en œuvre du projet d’écriture dans les deux établissements afin de faire découvrir aux élèves les arcanes de l’écriture et l’art de manier les mots. Cette dernière change du tout au tout lorsqu’elle est fictionnelle, journalistique, scientifique ou poétique.

Dans ce domaine, l’offre des lieux et des acteurs culturels est abondante. L’enjeu est donc de trouver le partenaire qui comprendra la spécificité de la demande.

LES FEMMES

Au lycée des métiers Armand Guillaumin, il a été choisi de travailler sur la femme ou plutôt les femmes. Dans ce cadre, la référente culture et moi-même avons proposé une collaboration avec les éditions du Portrait.

Trois séances pour trois classes de seconde se tiennent de novembre jusqu’en février autour de la création de Portraits d’héroïnes. Les élèves créent, à partir d’une trame proposée par les dessinatrices/autrices de Catel, Claire Bouilhac et Rachèle Bevilacqua, le portrait d’une de leur héroïne. 


Lors de la première séance, les élèves ont choisi l’héroïne de leur portrait. Quelques-uns ont porté leur dévolu sur leur mère quand d’autres choisissent des femmes célèbres. Les 2 autres séances seront consacrées à la réalisation du portrait en suivant les consignes posées : tous les médias peuvent être utilisés – de la photo au crayon, de la laine au Posca.


Les réalisations des trois classes seront exposés au sein du lycée le 8 mars mais également « dans un vrai lieu » (dixit une élève) à la galerie Agnès B courant avril. 
La Journée de la Femme sera même banalisée pour permettre la réalisation d’ateliers, de débats et d’expositions valorisant les femmes.

LES MIGRANTS

Au lycée Émile Dubois, la classe dite « média » travaillera cette année avec la Maison des Métallos. La proposition que j’ai pu faire suite à mes échanges avec la Maison des Métallos a trouvé une résonnance au projet de la classe. Les professeures ont adhéré aux ateliers proposés en lien avec reporter citoyen dans le cadre du festival de La Cimade Migrant’scène.

Les lycéens ont dû interviewer un migrant, puis réaliser ensuite leur portrait. Quelques consignes ont été données par le journaliste David Eloy  lors d’ateliers de travail journalistique :

• Débuter le portrait par une citation forte de la personne interviewée

• Enchainer par sa présentation grâce au 5 W (Who, Where, Why, When, What )
• Utiliser le passé composé ou le passé simple, mais pas l’imparfait

• Surtout ne pas apparaître : « Un journaliste est extérieur à l’histoire, il est là comme observateur. »


La plupart des portraits réalisés sont des ceux de femmes et de proches des élèves. Ils relatent tous le récit d’une arrivée voulue, désirée ou contrainte.

Le second temps se concentrera sur un travail fictionnel accompagné par Leïla Anis. Ils vont retravailler les portraits, mais en se basant sur le ressenti.


À l’issue de la réalisation des ateliers, il serait intéressant de faire un pont entre les deux lycées afin d’inviter les élèves à partager leur expérience. À l’heure du numérique, nous essaierons d’ouvrir cette possibilité… à suivre


Ingrid Étienne