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Un nouvelle classe au lycée Nadar

Depuis novembre dernier, le lycée Nadar de Draveil (91) accueille une nouvelle classe de primo-arrivants (UPE2A). Cette classe, unique et expérimentale en Essonne, rassemble 16 élèves n’ayant pas été scolarisés dans leur pays d’origine. Mineurs isolés sur le territoire, ils seront suivis durant 1 an dans cet établissement professionnel avec pour objectif une inscription en CAP dès l’année prochaine. Stéphanie Masson, médiatrice culturelle, nous explique le travail qu’elle mène avec ces élèves.

Un projet sur-mesure

En collaboration étroite avec la proviseur de l’établissement et la professeure référente, il s’est agi d’articuler des projets autour de ces élèves allophones, tout juste arrivés en France. Des élèves qui découvrent donc la langue française, tant à l’écrit qu’à l’oral pour certains… et qui découvrent également l’école.

Mon expérience m’ayant plusieurs fois amené à travailler pour ces classes bien particulières, nous avons donc convenu de bâtir deux types d’actions : un projet interne à la classe, avec ses spécificités, et l’intégration de ces élèves à un projet plus large rassemblant d’autres lycéens issus du même établissement.

L’objectif étant à la fois de construire un projet « sur-mesure » afin de permettre à ces lycéens d’accéder à la culture en les ouvrant à une création artistique comme à l’apprentissage d’être « spectateur » critique, mais aussi de les inclure au sein d’un établissement profitant ainsi de la belle dynamique collective portée par un tel groupe.

Une classe, deux actions

Pour la première action, je me suis appuyée sur mon expertise de projets avec ce type de classes et mon réseau de partenaires culturels. La matière photographique a été choisie afin de s’attacher à la notion du portrait, mais sous d’autres formes que le visage « saisi ». La Maison du geste et de l’image m’a aussitôt semblé le partenaire idéal, tant par sa capacité d’adaptation que par la qualité pédagogique de ses intervenants. Par ailleurs, notre expérience commune a permis une réactivité de mise en oeuvre absolument nécessaire au vu de l’arrivée tardive de cette nouvelle classe dans l’année scolaire.

Pour la seconde action, mon regard extérieur de médiatrice culturelle sur le fonctionnement du lycée et ses projets m’a naturellement conduit à proposer l’intégration de cette classe au projet « Carnets de voyage dansés », mis en place avec le référent culturel de l’établissement, en partenariat avec le théâtre de Sénart.

Les élèves vont ainsi explorer avec d’autres la thématique du voyage par le geste chorégraphique grâce à la Compagnie MAD, dirigée par Sylvain Groud. Ils participeront à un parcours de spectateurs « renforcé » et découvriront les métiers du théâtre. Cette sensibilisation à la composition et l’écriture chorégraphique sera consignée par les lycéens dans leurs « carnets de voyages dansés », traduisant leur expérience à travers des textes rédigés, des photos, des matières et objets récoltés. Des carnets qui seront exposés au lycée, sur le site de l’établissement, et dans un blog créé pour l’occasion.

Compagnie MAD, La déclaration

Ainsi, l’arrivée d’une classe de primo-arrivants ne sera pas sans conséquence pour le lycée Nadar. Ces élèves sans terre, sans école, seront comme toujours des vecteurs de liens particulièrement efficaces ; entre les élèves d’abord, mais aussi entre les équipes pédagogiques réunies à travers ces deux projets construits autour et avec eux.

 

Stéphanie Masson