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Observation : activités culturelles des intercommunalités de grande couronne francilienne

Le chantier de l’observation se poursuit en 2018 et livre une première approche de la diversité des orientations des politiques culturelles des intercommunalités de grande couronne francilienne.

Suite au travail que nous avons réalisé sur la petite couronne francilienne et suite aux redécoupages intercommunaux issus de la loi MAPTAM en 2014 et de la loi Notre en 2015, Arcadi Île-de-France poursuit son exploration des activités culturelles des intercommunalités, mais cette fois-ci en grande couronne francilienne. Ce travail qualitatif intervient en complémentarité du recensement des équipements mené par l’IAU dans le cadre de la réalisation d’un atlas qui sera prochainement publié.

Ce chantier, réalisé avec Opale/CNAR Culture et qui va s’étendre sur l’année 2018, comprend trois étapes :
• la première, dont nous rendons compte aujourd’hui, consistait en une première approche des activités culturelles de plusieurs intercommunalités afin de caractériser les différentes modalités possibles d’appropriation par les nouvelles intercommunalités de leur rôle en matière de politiques culturelles, leur caractère homogène ou diversifié sur un premier échantillon ;
• la seconde, plus quantitative, consiste à rechercher, pour chacune des 52 intercommunalités du périmètre de l’enquête, un ensemble d’informations objectives sur la prise de compétence en matière culturelle, le projet culturel intercommunal et les activités réalisées ;
• une troisième et dernière étape, plus qualitative, sera consacrée à des entretiens avec des représentants intercommunaux (techniciens et élus).

Périmètre

Nous livrons ainsi aujourd’hui les résultats d’une première exploration, réalisée auprès de douze intercommunalités de grande couronne (sur 52).
Ces intercommunalités, correspondant à onze communautés d’agglomération et une communauté urbaine (Grand Paris Seine et Oise) sont les suivantes :
• En Seine-et-Marne (77) : Melun Val de Seine, Marne et Gondoire et Paris Vallée de la Marne ;
• Dans les Yvelines (78) : Versailles Grand Parc, Grand Paris Seine et Oise et Saint Quentin en Yvelines ;
• En Essonne (91) : Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart (avec des communes du 77), Val d’Yerres Val de Seine, Cœur d’Essonne agglomération ;
• Dans le Val-d’Oise (95) : Plaine Vallée, Cergy Pontoise et Roissy Pays de France (cette intercommunalité comprenant 17 communes du 77, sur un total de 42 communes).

Méthodologie

Des informations ont été recherchées sur chaque intercommunalité : sites internet, rapports d’activités, saisons culturelles de l’agglomération quand il en existe.
Ces recherches ont permis de dresser des lignes de force et de distinguer divers modes de mise en coopération des collectivités membres, depuis une orientation de politique culturelle pilotée par l’intercommunalité, jusqu’au simple agrégat des propositions faites auparavant par les communes et leurs équipements.

Quelques pistes de synthèse

Les intercommunalités sélectionnées semblent avoir, dans l’ensemble, rapidement pointé leur attention sur quelques lignes de force correspondant logiquement aux atouts ou besoins du territoire :
L’éducation artistique et le lien social sont au devant pour des territoires marqués par des zones prioritaires (Grand Paris Seine et Oise),
Le tourisme est en jeu là où d’importants sites naturels et patrimoniaux existent (Marne et Gondoire, Roissy Pays de France, Versailles Grand Parc),
Le rôle des foyers d’attraction est défendu là où quelques grands équipements phares ont marqué les dernières décennies et/ou sont dotés de labels d’état (scènes conventionnées, et surtout Scènes nationales, comme à Sain-Quentin-en-Yvelines…).

Nous trouvons également le cas d’une intercommunalité où l’essentiel de la programmation de spectacle vivant sur le territoire a été délégué à un producteur privé (Val d’Yerres Val de Seine).

Sur certains territoires, une profusion des propositions faites par les équipements créés ces dernières décennies et qui ont fait preuve de leur excellence, semblent amener les agglomérations à valoriser cette richesse, sans pointer sur un axe directeur de développement futur (Grand Paris Sud Seine Essonne Sénart, Cœur d’Essonne).

Dans plusieurs cas, une politique culturelle assez claire apparaît déjà dessinée comprenant à la fois une harmonisation des propositions locales et l’animation d’événements fédérateurs (Cergy-Pontoise) voire l’organisation d’une saison commune (Melun Val de Seine).

Là où l’orientation politique est encore incertaine, insuffisamment délimitée, l’accent est plutôt porté sur les réseaux des médiathèques et des conservatoires, et la mise en avant d’un ou plusieurs équipements qui remplissent jusqu’à présent la fonction de diffusion (Paris Vallée de la Marne, Plaine Vallée).

Certes, les frontières ne sont pas assez franches pour permettre, à ce stade de l’analyse, une catégorisation définitive. Par exemple, Versailles Grand Parc exploite de grands atouts patrimoniaux, mais développe également une politique assez claire d’harmonisation des propositions locales, de valorisation des initiatives communales, et d’irrigation de ces initiatives sur les autres communes du territoire. Autre exemple, Cergy Pontoise propose une politique culturelle diversifiée tout en gardant un accent particulier sur le rôle détenu par la Scène Nationale l’Apostrophe.

Les prochaines étapes permettront d’avoir un regard à la fois plus exhaustif, car portant sur les 52 intercommunalités concernées, et plus précis, grâce aux informations qualitatives qui seront récoltées lors de la phase d’entretiens.