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Médiateur culturel : Dansez, dansez sinon nous sommes perdus

Proposer un projet autour de la danse contemporaine en lycée peut être un pari parfois risqué. Malgré les difficultés, la mise en jeu du corps est un axe régulièrement travaillé en lycée, professionnel comme général, par les équipes pédagogiques et les médiatrices culturelles. Cet engagement corporel peut être abordé sous différents angles comme le montrent les trois projets évoqués dans cet article.

Bien souvent, les équipes éducatives ne sont pas à l’aise avec la danse contemporaine, discipline artistique jugée trop élitiste, compliquée à rattacher aux programmes scolaires et qui implique nécessairement la mise en jeu des corps.
Du côté des lycéens, cette discipline est une esthétique incompréhensible et très éloignée des codes de la danse qui les entourent. De plus, pour ces adolescents en construction et en pleine transformation, mettre en jeu leur corps est un exercice audacieux qui demande du courage.

AU LYCÉE DE LA MARE CARRÉE, MOISSY-CRAMAYEL (77)

Dans cet établissement, deux enseignants ont souhaité utiliser le langage corporel afin de lever les préjugés et idées reçues liés à la représentation du corps et à la danse contemporaine, et inviter les élèves à s’exprimer autrement.

Ainsi s’est mis en place le projet Autoportraits dansés en partenariat avec les Rencontres Chorégraphiques de Seine-Saint-Denis dans le  cadre du dispositif « Classe à Projet artistique et culturel » mis en place par la DAAC de Créteil. Au programme : ateliers pratiques avec le danseurs Thomas Chopin et parcours de spectateurs dans différents salles de spectacles.

Convaincre certains élèves de danser n’a pas été évident. Thomas Chopin s’est heurté à des jeunes parfois mal à l’aise dans cet exercice mais il a su les intégrer dans sa démarche tout en respectant leurs peurs et leurs questionnements. Ainsi, ils ont pu travailler sur l’expression de leur propre corps, la recherche de leurs limites et le dépassement de leurs inhibitions. Par une approche sensible, les adolescents ont questionné les complexités qu’ils peuvent traverser dans leur construction en tant qu’individu.

Une restitution a eu lieu le 5 avril dernier : les lycéens ont présenté des tableaux inspirés de situations quotidiennes sur des thèmes tels que le rapport à soi, la timidité, le conflit ou encore la fête. Des moments dansés qui révèlent le portrait de leur adolescence.

AU LYCÉE GUIMARD, PARIS (75)

Les enseignants de ce lycée souhaitaient relever le défi de la mise en jeu du corps mais en le mettant au service de la valorisation des filières professionnels.

Un parcours a été imaginé avec Paris réseau danse, le CND de Pantin, le CENTQIATRE-PARIS et le Studio Le Regard du cygne qui accueille en résidence Joanne Leighton. Le travail de cette danseuse s’articule autour de la notion de déplacement et d’espace, ce qui fait écho aux enseignements de la Seconde Assistants architectes et économie de la construction qui participe au projet.

Par des ateliers pratiques et la découverte de deux spectacles (Songlines de Joanne Leighton et Auguri de Olivier Dubois), les  élèves ont appréhendé le milieu de la danse qu’ils connaissent peu, ont pu apprendre le travail en groupe et travailler leur posture. Pour des élèves en filières professionnelles qui ont tendance à se dévaloriser, ces exercices sur la maîtrise de leurs corps, les aident à prendre confiance. Un atout dans le cadre de leur stage en entreprise et pour leur futur professionnel.

Une restitution, intitulée Totems aura lieu au sein du lycée mais également dans le cadre du Forum du CENQUATRE-PARIS le 26 mai à 19h. Le projet se poursuivra dans les années à venir, notamment grâce à une Convention régionale d’éducation artistique (Créac) avec le CENTQUATRE-PARIS et quatre classes du lycée. Par ailleurs, le projet se déploie puisqu’il a inspiré les enseignants de la filière Maçonnerie.

AU LYCÉE ÉMILE DUBOIS (PARIS)

Pour travailler sur la représentation du corps et son positionnement, la professeure Cécile Bernard a fait le choix de thématiser l’une des classes de Première de l’établissement sur la danse : la classe MOVE.

Chaque semaine, dans le cadre d’ateliers de pratique avec Thibaut Fernandez, de la compagnie Hey Slick, le corps est au centre de l’intervention : implication, engagement, mouvements,..

En parallèle, les élèves assistent régulièrement à des représentations dans différents lieux partenaires du projet (La Villette, Théâtre national de Chaillot…) autour de styles multiples et variés : le hip hop avec Kata d’Anne Nguyen, le flamenco ou enore la danse contemporaine.

Teaser : Kata d’Anne Nguyen

Au regard du déroulé de cette année, le lycée compte répondre à l’appel à projet de l’Académie de Paris pour mettre en place un atelier artistique. Il sera ouvert à tous et se tiendra hors-temps scolaire. Un partenariat avec le Théâtre national de Chaillot est toujours envisagé pour continuer à faire découvrir les différents mouvements qui composent la danse.