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De l’importance des restitutions, retour sur l’aboutissement d’un projet

Les projets culturels menés dans les établissements scolaires donnent souvent lieu à une restitution. Ce n’est pas le but ultime mais plutôt le témoignage et la trace du travail accompli. Lorsqu’elle a lieu, on observe de manière concrète les bienfaits de l’action chez les élèves ainsi que les objectifs atteints. C’est le cas dans les lycées accompagnés par la mission Médiateur culturel.

Une restitution, pourquoi et pour qui ?

La restitution met en valeur ce qui a été créé dans l’ombre et l’expose à la lumière. Elle est particulièrement importante pour les jeunes qui, en plus de découvrir et savourer l’aboutissement de leur travail, ont la possibilité de se mettre en scène, de devenir à leur tour artistes devant des spectateurs.

La valorisation de leur travail crée en eux un sentiment de fierté, celui d’être parvenus à aller jusqu’au bout du projet et d’avoir produit un résultat. C’est dans la restitution que se situe la reconnaissance du travail accompli : celui des élèves mais aussi enseignants, intervenants, responsables du lycée... Un moment où leur engagement est mis en valeur.

C’est également un temps qui permet de partager avec un public (autres classes, parents, professeurs…), ce qui peut donner des idées, voire susciter des envies chez d’autres enseignants. Le fait de donner une visibilité au projet le rend concret et donc accessible. Tous les enseignants peuvent alors s’en saisir.

Les restitutions peuvent être imaginées sous différentes formes et avec des objectifs qui varient : collective ou indviduelle, au sein du lycée ou "hors les murs", dans une structure culturelle par exemple. Quoi qu’il en soit, au regard du projet d’établissement, les actions menées en sont souvent une application mais parfois également une source d’inspiration pour une direction spécifique. Elles permettent l’ancrage de la culture dans l’établissement.

Retour d’expériences : restitutions à l’extérieur du lycée

Nous vous invitons à découvrir ci-dessous plusieurs formes de restitutions menées à Aulnay-sous-Bois et à Paris.

Les terminales en maintenance des équipements industriels du lycée Voillaume (Aulnay-sous-Bois) ont bénéficié de plusieurs ateliers avec les artistes Poli & Sèves, respectivement harpiste et auteur/interprète, en partenariat avec le Théâtre de la ville, le Théâtre Jacques Prévert et Arcadi. À la suite de cette rencontre, les élèves ont eu la chance de faire la 1ère partie du concert de Poli & Sèves au Théâtre Jacques Prévert en slamant l’un des textes qu’ils avaient rédigés en ateliers. Un représentation à la manière de professionnels : répétitions, présentation sur scène, fondu au noir puis rencontre avec le public.

Les jeunes, plutôt turbulents et décrocheurs, ont tous apprécié cette expérience qui leur servira pour passer leurs oraux et écrits de baccalauréat en juin. Le soutien de leur professeur dans ce projet les a encouragés à se dépasser dans la création. Ils ont été très investis et cette rencontre a permis pour certains de reconstruire un lien avec le lycée.

À Paris, les élèves du lycée Guimard ont travaillé plusieurs mois avec la compagnie de danse de Joanne Leighton, artiste soutenue par Arcadi, afin de découvrir la danse contemporaine. La classe d’assistants architectes a participé à plusieurs ateliers de danse en imaginant des parallèles avec leurs futurs métiers. Plusieurs partenaires ont été mobilisés dont le CENTQUATRE-PARIS.

Retour d’expériences : restitutions au lycée

Plusieurs classes du lycée Virginia Henderson d’Arnouville ont travaillé avec Sandrine Nicolas de la compagnie Les Échos tangibles autour de son spectacle Krim qui traite des pulsions violentes. Ils ont participé, tout au long de l’année, à des ateliers d’écriture de l’ordre de l’intime donnant lieu à une mise en voix de leurs textes accompagnés en musique. Afin de respecter ce que les élèves avaient livré, une forme de restitution discrète a été imaginée. Les fichiers audio des productions ont été installés sur un ordinateur du CDI pour que chacun puisse venir les écouter au casque.

Dans le même CDI, on retrouve aussi une exposition sur la question des préjugés de la classe de Gestion-Administration. Pour le projet, les élèves ont rencontré plusieurs intervenants dont Célia Pernot qui les a accompagnés dans la production d’un documentaire photographique sur la population arménienne à Arnouville. Le choix de cette exposition a été motivé par l’envie de faire découvrir aux autres classes le projet et de faire venir les participants interviewés au lycée.

Les restitutions permettent de mettre en valeur le travail des élèves auprès de différents publics de l’établissement mais aussi à d’autres lycéens et un public extérieur. Elles permettent aussi aux lycéens de se rendre compte du résultat de leur travail même s’ils en ont déjà conscience au cours de la réalisation du projet. Ces restitutions ne sont pas systématiques et dépendent de plusieurs paramètres : élèves, équipes pédagogiques, intervenants, disponibilité de locaux etc… Il faut que l’ensemble des participants soit partie prenante et que les conditions matérielles soient réunies pour garantir leur réussite et donc la satisfaction partagée qu’elles procurent.

 

Marine Armbruster et Laura Tanniou