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Du théâtre aux lycées

À l’initiative du service théâtre et de la mission Médiateur culturel dans les lycées, une première expérimentation de « tournée » de deux spectacles a été déployée dans 6 lycées répartis sur 4 départements (91,93, 94 et 95). Elle vient de s’achever, nous vous la partageons en quelques lignes.

Une expérimentation menée dans 4 départements

Au lycée Voillaume d’Aulnay-sous-Bois (93) et au lycée Nadar de Draveil (91), les lycéens ont pu assister à une représentation de Coeur Sacré, pièce de Christelle Saez interprétée par Tatiana Spivakova, évoquant l’histoire d’amour entre une française et un égyptien sur fond de tensions sociales et politiques.

Au lycée Romain Rolland d’Ivry-sur-Seine (94), au lycée Guillaume Apollinaire de Thiais (94), au lycée Eugène Ronceraie de Bezons (95), et au lycée Ampère de Morsang-sur-Orge (91), les élèves ont découvert le spectacle Elle voulait mourir et aller à Paris par la compagnie Oh oui, relatant la mythologie familiale du metteur en scène Joachim Latarjet, dont la mère, grecque en 1966 à Thessalonique et française en 1968 à Paris, dut frayer son chemin entre deux nationalités.

Ces « petites formes », ainsi déplacées dans les espaces de ces lycées bien différents les uns des autres, sur des territoires divers, contrastés, ont été imaginées spécifiquement pour cette diffusion, tout autant que les échanges précédant ou suivant les représentations.

Des spectacles qui ont fait écho aux vécus des lycéens


Cœur sacré
- Salles de classes, une seule comédienne en scène 

L’autrice et metteuse en scène et la comédienne ont conçu un premier temps de rencontre avec les lycéens avant qu’ils ne deviennent spectateurs, afin d’aborder ensemble les sujets de la pièce : les préjugés liés à toutes formes de discrimination.
Les élèves et professeurs, assis en cercle dans la salle, tout près de la comédienne, ont été saisis par la force de l’interprétation, dans un rapport direct, profond. Tatiana Spivakova porte avec intensité ce texte aux langages multiples, éclatés autant que rassemblés, incarnant tous les personnages, toutes les réalités de cette histoire issue de la vie même de Christelle Saez.
Intimidés, mais particulièrement « mis en confiance », les lycéens ont pénétré cette articulation théâtrale subtile, entre réalité et fiction, pour ensuite débattre.

« Ça, la religion, parce que ça fait du bien et qu’on ne peut jamais en parler tranquillement. » 


Elle voulait mourir et aller à Paris -
Salle polyvalente, réfectoire, CDI et théâtre de l’Arlequin, 4 comédiens et un musicien en scène

De manière évidente, cette pièce de Joachim Latarjet s’est également « déposée » dans les établissements, produisant un débat riche entre lycéens et artistes.
Les élèves sont entrés naturellement dans cette histoire de famille qui parle d’origine, de langue, d’accent que l’on perd afin de « s’intégrer », de racines qui manquent, de soumission et de liberté. De ce que l’on garde et ce qu’on laisse quand on part. De cette part de soi qu’il faut abandonner pour grandir, des choix qui s’imposent, de ces deux mondes entre lesquels on se retrouve souvent coincés.
Parce qu’« on est tous de deux nationalités ici ! » et parce qu’on est fiers qu’une compagnie de théâtre vienne dans son lycée, « chez nous ». On ose dire ce que l’on pense après la représentation ; on ose poser des questions à Joachim, lui qui a fabriqué ce spectacle sur sa mère, sa famille ; lui qui sur scène parle et joue de tous ses instruments de musique ; lui qui réintègre son corps d’enfant, à ce moment de la pièce, quand son grand-père le menace sourdement «  Parle grec, tu sais parler grec, vas-y parle ! »…

Bilan d’une première tournée

Ainsi, cette première « tournée » s’est achevée dans les lycées. Elle laisse derrière elle des moments partagés très forts, par la grâce du théâtre et de la justesse du choix de ces formes singulières, soulevant l’enthousiasme des élèves et des équipes pédagogiques.

Après les représentations, tous ont émis le souhait que le théâtre revienne, parce que le théâtre surprend, questionne, déplace. Parce que devenir un spectateur de théâtre, c’est une chose précieuse qui permet de mieux comprendre le monde autour de soi et de mieux s’y préparer. De nouvelles envies auxquelles nous allons tout faire pour répondre.

 

Marine Armbruster, Stéphanie Masson et Laura Tanniou