Arcadi

Actualités

"Balance ton genre" au lycée Le Champ de Claye et Aristide Briand

Les rapports entre filles et garçons sont des sujets de plus en plus abordés au sein de l’Éducation nationale. Aidés d’organismes spécialisés (associations ou organismes comme le CRIPS) et de collègues infirmiers ou assistants sociaux, de nombreux enseignants s’emparent de la question de l’éducation à la vie affective et sexuelle des élèves. Objectifs : les faire s’interroger sur la société dans laquelle ils évoluent, analyser leurs comportements vis-à-vis des autres, déconstruire des stéréotypes de genres et prévenir des violences qui y sont attachées. Aux lycées Le Champ de Claye (Claye-Souilly) et Aristide Birand (Le Blanc-Mesnil), accompagnés par la mission Médiateur culturel, on a choisi d’interroger et d’écouter les jeunes sur leurs rapports aux femmes.

L’Éducation artistique et culturelle constitue parfois une approche subtile, originale et percutante de cette interrogation des représentations des élèves.

Certains métiers continuant d’être assignés à un genre, les enseignements de filières professionnelles, et particulièrement des domaines industriels, sont rarement composés équitablement de garçons et de filles. « En quinze ans d’enseignement au lycée, je n’ai vu qu’une fille en section MEI (Maintenance des Équipements Industriels)… », témoigne Karine Ollivier, professeure à Aulnay-sous-Bois. « Et on ne peut même pas se cacher derrière l’excuse de la force physique car elle n’est pas nécessaire dans les métiers de la maintenance ».

Dans ce monde de garçons, il est difficile pour les quelques adolescentes qui suivent un enseignement professionnel industriel de passer inaperçu. Difficile également de promouvoir l’égalité des sexes en droits, alors qu’il est manifeste que le monde du travail, que ces jeunes rejoindront bientôt, entretient lui aussi une différenciation des sexes.

 

Au lycée professionnel Le Champ de Claye à Claye-Souilly (77), on a choisi d’interroger et d’écouter les jeunes sur leurs rapports aux femmes. Les coaches en écriture médiatique de l’association ZEP les aident à formuler leurs idées et à s’enregistrer pour animer une Webradio. Mettre des mots sur des émotions ou des comportements, c’est déjà les regarder avec distance.

Au lycée professionnel Aristide Briand au Blanc-Mesnil (93), pour tous les élèves de Seconde, l’année scolaire a commencé avec du théâtre forum. À la demande des enseignants, le spectacle portait sur les discriminations liées aux sexes et aux orientations sexuelles.

Les ateliers de pratique sont eux aussi des moyens de mener à une prise de conscience sur les stéréotypes portés sur les hommes et sur les femmes, quand bien même ils ne seraient pas le sujet direct de travail avec les artistes intervenants. Pour Lillah Vial, actrice et autrice d’une pièce jouée en établissements scolaires intitulée On ne naît pas femme, la pratique du théâtre provoque des interrogations et induit une ouverture d’esprit : « quand on interprète un personnage, on questionne forcément l’identité de son rôle, et par comparaison, son identité propre… Et donc son genre ! ».

Et qu’est-ce que cela donne ? Un jeune qui confie dans une émission radiophonique que « c’est dur d’être un homme ». Un élève qui s’exclame sur scène « comment ça la chaudronnerie, c’est pas pour les filles ? » devant sa classe. Des garçons qui sont fiers de lire les textes d’Olympe de Gouge ou de Simone Veil devant un public. Et certainement des prises de conscience moins manifestes mais qui contribueront peut-être à plus de respect et de bienveillance dans les lycées comme dans la société.