Arcadi

Parole à...

Chantal Dahan et Delphine Martincourt

Arcadi, l’Injep (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) et le Centre Max Weber, laboratoire de sociologie généraliste s’associent autour d’une nouvelle étude : Goûts, pratiques et usages culturels des adolescents issus des territoires populaires. Chantal Dahan, chargée d’études et de recherche à l’Injep et Delphine Martincourt, responsable des rencontres à Arcadi, présentent le projet.

Émilie Yakich

Directrice du Chantier des Francos, elle porte le projet Oh Taquet ! avec La Loge et Arcadi Île-de-France. La 6e saison a été lancée le 26 janvier ; cette année, ce sont Jaune et Hervé qui bénéficieront d’un accompagnement individualisé. Elle nous présente le projet et la collaboration avec le Chantier des Francos.

Marc Dondey

Marc Dondey, directeur de la Gaîté Lyrique, nous présente Sors de ce corps !, nouveau rendez-vous co-construit par la Biennale Némo et la Gaîté Lyrique. Du 2 au 11 février, il propose performances mutantes, théâtre, danse et musique, et questionne la place du corps du spectateur et de l’interprète, dans tous les espaces de la Gaîté Lyrique et dans les espaces virtuels.




Qu’est-ce que Sors de ce corps ?



Sors de ce corps ! est un festival dans un festival, à la Gaîté Lyrique, dans le cadre de la Biennale Némo. C’est un festival de performances mutantes, de danse, de musique, qui pose – et c’est un peu le mystère du titre : pourquoi Sors de ce corps ?-, la place du corps du spectateur,  de l’interprète, dans tous les espaces de la Gaîté Lyrique, mais aussi dans les espaces virtuels. C’est le retour du spectacle vivant, de la danse, du geste, de la narration dans les espaces technologiques, réels et virtuels.

C’est une collaboration qui est née d’une complicité assez fulgurante avec Gilles Alvarez [Directeur de la Biennale Némo], avec qui nous avons conçu une programmation du 2 au 11 février d’une quinzaine de propositions, notamment de la musique, avec Roly Porter et Emptyset, un très beau spectacle sur la liberté et la contrainte du corps de Thibaud Croisy, Témoignage d’un homme qui n’avait pas envie d’en castrer un autre, qui propose une rencontre sans interprètes mais un dispositif d’écoute remarquable ; Sandglasses, de la compositrice lituanienne Justè Janulytè, et puis le GK Collective, Joris Mathieu, Daniya Sommer, Ergonomics - tout ça dans tous les formats et dans tous les espaces du théâtre.

Sors de ce corps ! est un jalon, un moment, première fois. C’est l’idée de faire venir davantage de comédiens, de danseurs, de metteurs en scène, de vidéastes, de plasticiens travaillant sur des objets bizarres. Par exemple nous aurons le très beau « spectacle » - je ne sais pas comment l’appeler – performance, art visuel, art de l’image, avec Hicham Berrada qui travaille sur des réactions chimiques amplifiées. Visuellement, c’est du minuscule et de l’épique ; et c’est une performance parce qu’elle est accompagnée par le compositeur Laurent Durupt. Et la perplexité, l’interrogation, jeu, c’est de ne pas se poser la question de savoir comment appeler cette forme mais seulement de la vivre. Ce sont des performances mutantes, des expériences nouvelles dans les espaces de la Gaîté Lyrique - et qui, en même temps, s’appuient sur ce que la Gaîté Lyrique a toujours fait : de l’expérimental, des prototypes et de la découverte.

Pourquoi le développer à la Gaîté Lyrique ?

La Gaîté Lyrique se prête formidablement à des festivals. Elle fait un festival par mois, avec Les Inrocks, avec Arte concerts, le festival 3e Scène avec l’opéra de Paris récemment et là, Sors de ce corps !, qui est une manière d’interroger la place du spectacle vivant en croisement avec les arts visuels, les technologies et la musique. C’est de l’immersion, du 360 degrés. C’est  aussi une manière de retisser ce fil du spectacle vivant, des interprètes, des comédiens, des auteurs, des metteurs en scène, de poser la question de la narration dans les espaces technologiques.

C’est un point dans une ligne qui passe par d’autres points de programmation, notamment les Microformes que nous développons cette année, une série de spectacles solo une fois par mois programmés par Jos Auzende. Nous avons aussi, je l’ai mentionné, le festival 3e Scène qui fait le lien avec l’opéra, le lyrique, Internet et des artistes en résidence, notamment La Horde qui travaille sur la danse en ligne et hors ligne. Tout ce qui circule sur le net et dans les espaces de représentation est ce qu’on explore et le sillon qu’on veut creuser à la Gaîté Lyrique.

Le monter avec Arcadi et Némo était la bonne piste ?

Ce projet est né entre la Gaîté Lyrique et Arcadi/Némo sans préméditation ; il correspondait à un très bon moment dans l’histoire de Némo et d’Arcadi, et de la Gaîté Lyrique, parce que c’était quelque chose de nouveau des deux côtés, et pour les mêmes raisons. Arcadi et Némo ont déjà un parcours considérable mais ce temps autour de la performance n’existait pas de manière aussi claire. C’était une bonne occasion d’y travailler avec Gilles Alvarez. Pour nous, il était absolument vital de ne pas travailler tous seuls, mais avec des complices partageant les mêmes curiosités. On se retrouve avec Gilles Alvarez à Glasgow sans avoir pris de rendez-vous, dans d’autres espaces et dans ce festival dans avoir pris de rendez-vous, et on fabrique avec les équipes d’Arcadi, de Némo et de la Gaîté Lyrique cette manifestation autour de l’énergie de la découverte et de l’accompagnement des artistes.

Un mot pour celui qui hésiterait à vivre l’expérience ?


Une chose un peu unique, dans ce programme, c’est la possibilité de voyager d’une proposition à l’autre dans toute une série de parcours : venir voir Sors de ce corps !, c’est venir voir 1, 2, 3, 4 propos, 4 projets dans 4 espaces différents - souvent des petites jauges. On peut aussi à l’inverse venir pour le concert de Roly Porter, MFO et Emptyset ou Sandglasses dans la grande salle, pour la proposition de Thibaud Croisy dans la grande salle aussi, où on sera allongés en position d’écoute. On y vient pour voyager, méditer, jouer, ou même s’attacher les uns les autres avec des cordes - on a aussi cet élément sur l’art japonais de l’encordage à Sors de ce corps ! Bienvenue à la Gaîté Lyrique !

Laurent Déprez

Proviseur du Lycée Antonin-Carême à Savigny-le-Temple (Métiers du tertiaire et hôtellerie), Laurent Déprez a accueilli une médiatrice culturelle de la mission Médiateur culturel dans les lycées d'Île-de-France d’Arcadi dans son établissement pendant 5 ans.

Benoît Labourdette

Cinéaste, organisateur d’événements culturels et innovateur dans le domaine de l’éducation aux images, Benoît Labourdette présente son projet
« Éducations aux images 2.1 », aidé par Arcadi dans le cadre du Fonds de soutien à l’initiative et à la recherche.

Julien Desprez

Julien Desprez, guitariste virtuose et free, a bénéficié d’un accompagnement par le service arts numériques d'Arcadi. Très investi dans la scène jazz parisienne, il co-fonde le collectif Coax en 2008, représentatif d’une des nouvelles générations du jazz français. Adeptes du free rock, du pop, du jazz et des sons électriques noise, il vous surprendra avec sa guitare électrique. Avant de le retrouver à la Biennale Némo, il évoque ses projets et son parcours avec Arcadi.