Arcadi

Passeurs d’images

Programme annuel d’éducation à l’image né sur le territoire national à la fin des années quatre-vingt-dix, Passeurs d’images se déploie dans les quartiers prioritaires de la Politique de la Ville. Son objectif est de réunir des publics exclus de l’offre culturelle autour de projets mobilisateurs de sensibilisation à l’image.
Passeurs d’images propose des ateliers de pratique audiovisuelle hors temps scolaire encadrés par des intervenants professionnels ; des actions de sensibilisation à destination des porteurs de projets et des animateurs socio-culturels.
Pour mettre en oeuvre ces actions, Passeurs d’images rassemble localement des exploitants de salles, des élus, des festivals, des acteurs sociaux et culturels ainsi que des responsables locaux de la Politique de la Ville.

Retours d’expérience

Clémentine Dramani-Issifou, Déléguée générale de Belleville en vues
« Fabrique d’innovation sociale par le cinéma depuis 2004, Belleville en vues organise depuis 2011 le Festival des nouveaux cinémas documentaires AFROTOPIA, sur les cinémas et créations numériques d’Afrique et des diasporas, qui a pour objectif de promouvoir les cinématographies africaines et de lutter contre les discriminations. Nous organisons également des actions culturelles en direction de différents publics et c’est dans ce cadre que nous collaborons avec Passeurs d’images.

Lire la suite



Par exemple, à travers le dispositif Parcours de cinéma en festival, nous avons permis à des adolescents de devenir spectateurs, reporters et critiques lors de notre festival en 2013 et 2014. Passeurs d’images joue un rôle de relais et nous apporte à la fois un soutien en coordination, une mise en réseau des différents intervenants et une participation à la réflexion. En novembre 2015, Claudie Le Bissonnais est intervenue au sein de notre festival dans le cadre d’une rencontre professionnelle, organisée avec le concours du CNC, sur la question « Filmer l’autre : fabrique et représentation de l’altérité au cinéma ». Nous envisageons actuellement d’autres projets communs, notamment à l’international. »



Samia Khitmane, Chargée de mission Cinéma et patrimoine à la Ville d’Aubervilliers
« Avec Passeurs d’images en Île-de-France, nous nous rencontrons sur des projets et des valeurs partagées autour de l’éducation à l’image par la pratique artistique. L’an dernier, la Ville d’Aubervilliers et Arcadi ont signé un accord de partenariat pour les ateliers menés par l’association Mille Visages permettant à des jeunes de 13 à 20 ans de réaliser un court métrage dans une dynamique de création partagée avec des professionnels de l’audiovisuel.

Lire la suite



Ce court métrage intitulé Mchinda l’invaincu a été projeté le 7 décembre 2015 au cinéma Le Studio avec le documentaire Grand Mariage de Badroudine Abdallah, président de Mille Visages et journaliste (Bondy Blog, France Inter, Arte). Ce film sur les parents du réalisateur a été le moteur de l’écriture du court métrage. Les mêmes questionnements sur la double appartenance culturelle en particulier entre la France et les Comores traversent les deux films. La projection au cinéma Le Studio a ainsi donné lieu à un espace de dialogue autant pour les jeunes que les professionnels et le public présent. »



Mahsa Karampour et Charlotte Dufranc
Elles mènent avec l’association Captive un atelier de pratique cinématographique de film d’animation, Ces jours qui nous attendent, auprès d’enfants migrants non accompagnés.
« Nous travaillons avec des mineurs isolés étrangers au cours des premiers mois de leur arrivée, dans une phase transitoire traumatique, où ils n’ont pas de vision claire de leur avenir. Pour susciter leur parole et leur participation, nous avons eu envie de leur montrer ce que devenaient les « anciens », avec qui nous avions fait des ateliers il y a plusieurs années. Il s’agit de montrer des images de leur vie actuelle aux nouveaux venus pour qu’ils puissent se projeter.

Lire la suite



Comme les derniers arrivés, mineurs, ne peuvent être montrés à l’image, nous avons choisi le cinéma d’animation comme médium. L’animation impose le passage à la symbolisation et permet de sortir du récit collé au réel. C’est aussi un moyen de les faire travailler autour d’un univers lié à l’enfance et de les sortir de leur condition unique de « migrant ». Le dispositif  Passeurs d’images a été le premier à soutenir notre projet en 2015. Cet accompagnement a été primordial puisqu’il nous a permis d’acquérir une assise et de générer la confiance de nouveaux financeurs. Ils nous aident également à développer une réflexion autour des problématiques rencontrées. Dans la phase suivante, qui sera l’écriture d’un film mêlant notre travail documentaire sur les « anciens » à la fiction réalisée par les jeunes, Arcadi joue un rôle important.
Son équipe expérimentée nous apporte son soutien et ses conseils pour le développement, la production et l’écriture du film. Arcadi pourrait en effet s’inscrire comme coproducteur dans ce projet à long terme. »

Diffusion des films en coproduction avec Arcadi Île-de-France

 

La Ligne de couleur, Laurence Petit-Jouvet
Après une sortie nationale le 17 juin 2015 dans trois salles parisiennes et plusieurs salles en région, La Ligne de couleur de Laurence Petit-Jouvet n’a cessé d’être projeté, en particulier dans le cadre de séances-débats avec la réalisatrice, les protagonistes du film, des associations et des chercheurs. La sortie du film en salles a été soutenue par une presse importante et des partenariats avec des organisations pour la lutte contre les discriminations : SOS Racisme, La Licra, le Cran, le MRAP ou encore La Ligue des droits de l’homme. Grâce à ces partenariats, des soirées thématiques avec des invités mobilisés par ces organisations ont été programmées
dès la première semaine d’exploitation. Laurence Petit-Jouvet a ensuite accompagné le film lors de tournées en région dans la France entière, qui se poursuivent en 2016. 4000 entrées commerciales ont été comptabilisées en 2015, auxquelles s’ajoutent un millier de spectateurs sur un volet non commercial. La diffusion du film a continué en 2016 avec la sortie du DVD et une rencontre professionnelle organisée par Arcadi Île-de-France au Musée national de l’histoire de l’immigration autour des inégalités « ethno-raciales » et des représentations posées dans La Ligne de couleur.

 

 Une parole libre, Rap & Rim, Stéphane Le Gall-Viliker
Le film a circulé en Île-de-France sous deux formes : une projection du film avec débat et une formule cinéma-concert, offrant un show-case de Monza, l’un des protagonistes du film, à l’issue de la projection. Cette dernière formule, inaugurée le 15 janvier 2015 au Cinéma Le Louxor (Paris 10e) et au Centre Barbara Fleury-Goutte d’Or (Paris 18e), a été proposée dans les lycées, grâce à un partenariat avec les médiateurs culturels, et à des salles de musiques actuelles, en association avec les salles de cinéma de proximité et en partenariat avec le RIF, le projet ayant été co-financé par le service chanson d’Arcadi. 10 formules cinéma-concert ont été mises en place avec une moyenne de 30 spectateurs par représentation. Le film a également été programmé dans des festivals de cinéma et de musique en France, en Afrique et au Maghreb (10 projections). Enfin, il a été diffusé à plusieurs reprises par TV Montreuil et TV5 Afrique, qui en a acheté les droits.

La ligne de couleur au Musée de l’Homme

Les lettres filmées de La Ligne de couleur de Laurence Petit-Jouvet (coproduction Avril/Arcadi) sont visibles dans l’exposition Nous et les autres, jusqu’au 8
janvier 2018 au Musée de l’Homme. Des Ateliers Pocket Films, permettant de réaliser des films d’animation muets à partir de papiers découpés,
 sont également proposés.
En savoir plus